Homélie du 17e dimanche du temps ordinaire A

Frères et sœurs,

la liturgie de ce 17e dimanche ordinaire A nous donne de poursuivre notre lecture du chapitre 13 de l’Évangile selon saint Matthieu, le chapitre des paraboles du Royaume des Cieux. Cette page d’évangile offre à notre méditation ces trois dernières paraboles : « Parabole du trésor, parabole de la perle et la parabole du filet. Je me suis arrêté sur les deux premières paraboles : du trésor et de la perle. Elles s’appliquent au Royaume de Dieu qui est là parmi nous, au cœur de notre monde ; alors que la parabole du filet concerne la fin du monde, c’est-à-dire l’accomplissement du Royaume lorsque le Christ reviendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts. Dans l’Évangile, Jésus compare le royaume des cieux, en prenant des images capables d’attirer l’attention de tous. Ce Royaume est comparable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a découvert le cache à nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède pour acheter ce champ.

Frères et sœurs, il est important de nous questionner, Comment cet homme a-t-il pu trouver ce trésor caché dans un champ ? Parce qu’en règle générale quelque chose qui est cachée, pour la trouver, il faut la rechercher. Il n’y a pas 50 solutions : la réponse c’est qu’il était en train de travailler le champ. Frères et sœurs, le Seigneur nous offre, nous réserve un trésor extraordinaire que l’on doit trouver à force de travail. Quel est la nature de ce travail ? Ce travail, c’est celui que Dieu a demandé à l’homme dès la genèse. Dieu a confié la terre à l’homme pour qu’il la travaille. Travailler ? Cela veut dire scruter la Parole de Dieu. Pour les rabbins (chefs religieux), la terre c’est d’abord la Parole de Dieu. Il nous faut la scruter, la chercher, la creuser jusqu’à ce qu’on ait trouvé l’unique vrai trésor qui donne sens à notre vie, à notre existence. Et ce vrai trésor, c’est Dieu, il n’y en a pas d’autres. Si nous cherchons ce trésor, cette perle, il nous laisse trouver. L’humilité, la confiance et la persévérance jouent un rôle déterminant dans cette quête.

L’Évangile nous dit que cet homme était dans la joie, il va vendre tout ce qu’il possède, pour s’approprier ce champ. Mais il a oublié que, ce que Dieu veut nous donner ne s’achète pas. Ce don est toujours gratuit, et sans mérite de notre part. Ce qui est important c’est de nous mettre continuellement dans une attitude de recherche et d’accueil. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : “Cherchez et vous trouverez.” Frères et sœurs, au sens de Jésus, si nous ne creusons pas le champ, nous ne trouverons pas de trésor. Si nous ne cherchons pas, nous ne trouverons pas la perle précieuse. Cette recherche, c’est le désir de suivre Dieu de le connaître, de s’abandonner totalement à lui en tout temps en toute circonstance.

Chez Matthieu le Royaume des Cieux signifie tout simplement le Royaume de Dieu, c’est-à-dire sa présence et son action au milieu de nous par et dans le Christ. Le Royaume des Cieux signifie que Dieu vient à notre secours pour nous sauver et nous réconcilier avec Lui. Ce Royaume est donc l’expression très concrète de son amour miséricordieux et de sa tendresse pour chacun de ses enfants. Voyons maintenant quel enseignement nous pouvons retirer de ces deux paraboles jumelles. La présence de Dieu est d’abord comparée à « un trésor caché dans un champ. » Déjà Isaïe avait annoncé le Dieu caché : « Vraiment tu es un Dieu qui se cache, Dieu d’Israël, Sauveur ! (Is 45,15-23) »

Et la perle de grande valeur est un trésor et l’homme vend tout ce qu’il possède pour en jouir. Cette parabole met davantage l’accent sur la part de l’homme, sur la liberté humaine, dans la découverte du Royaume de Dieu présent au milieu de nous. Elle est une invitation à faire de notre vie tout entière et ce, jusqu’à notre mort, une recherche de Dieu. Même si nous sommes déjà chrétiens, n’imaginons pas pour autant être parvenus au but !

Frères et sœurs, la pointe de ces deux paraboles jumelles est la suivante : « Si l’homme de ces deux paraboles a déployé tous ces gymnastiques pour préserver ce trésor qu’il a découvert et cette perle (le matériel) qui sont des biens passagers, qui ne sont que vanité ; il aurait dû user ces mêmes gymnastiques, ces mêmes dévouements en vue de chercher Dieu, de le préserver dans leur vie, « le Trésor des trésors, la perle inestimable ».

Chant : « Chercher d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné ».

Frères et sœurs, cet homme dans les deux paraboles : c’est moi, c’est vous, c’est chacun de nous. Souvent, nous avons consenti beaucoup de sacrifices pour acquérir des trésors, des perles qui passent. Tandis que nous ne sommes pas toujours prêts à consentir de sacrifices pour Dieu notre perle, notre trésor suprême. Si le Royaume de Dieu est réellement le Bien suprême pour nous, alors nous devons être prêts à faire les bons choix dans notre vie et à écarter tout ce qui nous éloigne, qui nous sépare de ce Royaume.

La liturgie de ce dimanche nous invite vraiment à nous rattacher aux biens qui demeurent. Nous avons entendu le témoignage du jeune roi Salomon (1re lecture). Il aurait pu demander au Seigneur de longs jours, de nombreuses richesses ou encore la mort de ses ennemis. Mais il a compris que le plus important n’est pas là. Il demande “un cœur attentif pour qu’il sache gouverner le peuple et discerner le bien et le mal”. Il demande à Dieu le don de bien servir l’alliance entre Dieu et son peuple.

Ce passage biblique nous interpelle et nous renvoie à nous-mêmes : est-ce vraiment le discernement que nous demandons au Seigneur ? Car, trop souvent, nous nous attachons à la satisfaction immédiate de nos désirs. En ce dimanche, nous pouvons laisser retentir en nous la prière du Roi Salomon. Cette prière pourrait être la nôtre en ce temps de vacances. Le Seigneur est là pour nous offrir le seul vrai trésor. Malheureusement, nous avons peut-être trop tendance à choisir l’arnaque. Mais le Seigneur ne cesse de nous supplier : “Revenez à moi de tout votre cœur”.

Que le Seigneur nous donne la clairvoyance de choisir Dieu en tout temps à chaque instant de notre vie, lui le vrai Trésor, la vrai Perle de notre vie.

Amen


Messe d’action de grâce Homélie 16e dimanche ordinaire A

En ce jour où je célèbre avec vous cette Messe d’action de grâce au Seigneur, pour vous annoncer officiellement mon départ du diocèse ; la liturgie d’aujourd’hui offre à notre méditation une succession de parabole : « de l’ivraie et du blé, en passant par la parabole d’une graine de moutarde pour terminer avec la parabole du levain ». Cette succession de parabole nous exprime : la patience, l’espérance et la confiance dont nous sommes objet. Frères et sœurs, la Parabole ne date pas d’hier ni d’aujourd’hui, c’est un genre littéraire très ancien utilisé d’abord par les docteurs de la Loi, puis par les prophètes pour parler de Dieu. Comme Prophète des prophètes, Jésus s’est approprié voir révolutionner ce genre littéraire, cette forme de langage codé pour parler du Royaume des cieux.

Parmi ces paraboles, il y en a qui sont beaucoup plus faciles à comprendre, d’autres sont beaucoup plus difficiles et nécessitent des explications. .

Je me suis appuyé sur la parabole du bon grain et de l’ivraie pour préparer cette homélie. Dans cette parabole, Jésus a utilisé l’image de l’ivraie et de blé pour nous inciter à lire notre propre vie. Alors que cet homme a semé du bon grain dans son champs ; au cours de la nuit l’ennemi sema de l’ivraie dans ce champ. Sachant que le l’ivraie et le blé sont des herbes, ils sont très semblables, donc difficile à distinguer l’un de l’autre. Pendant que le blé est en pleine floraison, le l’ivraie apparait aussi. Et c’est alors que les serviteurs s’en apercevaient et demande le Maitre :« vous avez semé du bon grain, comment se fait-il qu’il-y-a de l’ivraie dans ton champs » ? C’est ainsi que le maitre leur déclara :« c’est un ennemi qui a fait cela ». Soyons très prudent, car l’ennemi est toujours là au milieu de nous, autour de nous pour semer la pagaille dans le champ de notre cœur, dans notre communauté.

Frères et sœurs, dans cette parabole, le Maitre c’est Dieu. Le champ, c’est l’Église que nous formons. Ce que Dieu a semé en nous c’est sa Parole de vie, de justice et de paix, c’est sa parole de vérité et d’amour qui nous invite à accueillir sa miséricorde, et de s’accueillir mutuellement. Le bon grain, c’est-à-dire, le blé ; ce sont ceux et celles qui écoutent la parole de Dieu et la mettre en pratique. Et le l’ivraie, ce sont ceux et celles qui font partie de l’Église, mais qui ne vivent pas selon la Parole de Dieu. Ils sont là, mais ils sont animés d’un Esprit malin, d’un esprit autre que l’Esprit de Dieu. Au sein de toute famille humaine, tout comme dans le cœur de toute personne humaine, on peut trouver du bon grain et de l’ivraie, le bien et le mal, la chaleur et la tiédeur.

Autrement dit, dans l’Église à tous les niveaux, il-y-a de bons et de mauvais grains ; il-y-a du blé et de l’ivraie. Mais nous sommes tellement semblables, c’est extrêmement difficile de nous distinguer les uns les autres. Il en est de même pour le blé et le l’ivraie. Car en arrachant le l’ivraie, nous courons le risque d’arracher aussi le blé. Maitre, voulez-vous qu’on les élimine du champ ? Non, disait le Maitre : « laissez-le, ne l’arrache pas » ! Au moment de la récolte, on l’arrachera et le jettera dans le feu. Frères et sœurs, soyons dans la pâte dormante et souffrante de notre humanité des levains d’amour et de patience, de justice et de paix.

En jetant un coup d’œil sur la première lecture extraite du livre de la sagesse, nous voyons déjà comment Dieu a montré une modération excessive envers les ennemis de son peuple. Ceci dit, que Dieu prend soin de tous, parce qu’il est pleinement impartial. En outre, sa force, loin de le rendre injuste, est le principe même de sa justice. Que le juste se montrera humain et miséricordieux envers tous.

Frères et sœurs, la leçon que nous devons tirer dans la parabole de l’ivraie : c’est« la patience et la miséricorde de Dieu ». Dieu est tellement miséricordieux, elle le rend patient. Dieu est tellement patient avec nous, on risque de le traiter d’insouciant. Il accorde encore une chance à l’ivraie que nous sommes. Qui sait ? Peut-être nous prendrons conscience, nous changerons de vie ! Cette leçon de patience s’adresse plus particulièrement à ceux et celles qui s’étonnent des lenteurs de la justice divine et de sa modération à l’égard des méchants. Si nous les hommes, nous sommes de plus en plus pressés, Dieu est patient, il prend son temps et nous laisse toujours une dernière, dernière chance pour choisir ou bien la vie éternelle ou bien le tourment éternel.

La récolte dont nous parle l’Évangile, c’est le jugement dernier / la fin des temps, où le Seigneur viendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts, pour séparer les brebis des chèvres, les bons des mauvais, le blé du l’ivraie. Là, s’il n’y-a pas de changement de vie, de conversion ; l’ivraie tirera la révérence de sa rébellion, de son incrédulité.

Frères et sœurs, sommes-nous de bons grains ou de l’ivraie ? En tout cas, nous avons encore cette opportunité de nous convertir. Dieu ne veut pas nous exterminer, il veut pour nous la vie éternelle. Voilà pourquoi, il nous laisse du temps pour nous préparer, pour nous convertir. Profitez de cette prolongation, de ce fair-play que le Seigneur nous accorde dans sa bonté.

Que l’Esprit-Saint vienne au secours de notre faiblesse, car nous trébuchons, nous ne savons pas prier comme il faut.

Amen

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Chants et lectures de la messe d’action de grâce de Père Chedly Zétrenne

Homélie du 15e dimanche du temps ordinaire A

Frères et sœurs,

Nous sommes très familiers de la parabole du semeur avec cette belle image que Jésus nous donne pour décrire le travail intérieur opéré par la Parole de Dieu et la fécondité promise à qui s’y prête sans résistance. Au cœur de cet été, où plus d’un pense aux relances de l’économie, la parabole du semeur nous ouvre à des perspectives plutôt agréables. De plus, contrairement à certaines paraboles énigmatiques, elle est facile à comprendre au point qu’on en tirerait rapidement une leçon de morale : « Il faut cultiver en nous la bonne terre, être disponible à la Parole et celle-ci pourra produire en nous des fruits en abondance ». Cela n’empêche pas l’étonnement des disciples de voir Jésus s’adresser toujours au peuple en paraboles. La réponse est la suivante : Jésus déplore la fermeture des esprits et des cœurs à la Parole du Royaume. A la suite des prophètes d’Israël, Jésus fustige sévèrement les oreilles et les yeux bouchés, les cœurs endurcis et obtus, tout en proclamant la béatitude de ceux et celles dont les yeux voient, dont les oreilles entendent.

Frères et sœurs, la parabole du semeur nous révèle l’exigence de la disponibilité intérieure au travail de la Parole. La Parole dont il est question est qualifiée de Parole du Royaume. Elle introduit dans le Royaume de Dieu. Cette Parole du Royaume, frères et sœurs, c’est la vie même du Christ Seigneur, en qui nous passons de la mort à la vie, c’est la Parole qui ne peut s’accueillir que dans un cœur d’enfant, un cœur humble et disponible, prêt à se laisser transformer, remodeler à l’image de Dieu. C’est la Parole que nous proclamons et que nous célébrons dans l’eucharistie, celle qui nous permet avec St Paul de considérer « depuis que je suis rencontré avec le Christ, ma vie a transformé. »

Frères et sœurs, cette Parabole évoque le mystère de la Parole de Dieu, qui malgré le refus opposé par le monde, notre monde porte du fruit en abondance dans les cœurs qui l’accueillent. Comparativement aux autres paraboles, ici Jésus lui-même nous a donné des clés pour mieux interpréter la Parabole du semeur : Tout d’abord le semeur c’est Jésus lui-même ; la barque représente l’Église, « la semence » représente la Parole de Dieu. A travers cette parabole, Jésus nous présente quatre types de sol ou de position où la semence est semée : au bord du chemin ; Sol pierreux ; les ronces ; bonne terre. Frères et sœurs, ces quatre types de sol représentent le cœur de l’homme et les diverses manières d’accueillir la parole de Dieu. Et c’est ce que Jésus a expliqué à ses disciples : Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; quand vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »

Oui frères et sœurs, ce que nous devons souligner, c’est la liberté de Dieu et notre liberté. Il sème partout sans distinction. Dieu a semé sa Parole dans tous les cœurs, il ne sélectionne pas. Mais pour que cette Parole puisse produire au centuple, il faut qu’elle soit enfouie dans une bonne terre accueillante, qui la prend en charge. Oui frères et sœurs, aujourd’hui la Parole de Dieu est semée dans le cœur de chacun de nous. A ceux et celles qui accueillent la Parole et se sont laissés transformer par elle, Jésus les qualifie de bonne terre. Son efficacité a besoin de leur obéissance, de leur disponibilité et sa fécondité de leur témoignage. La bonne terre, c’est cette terre disposée à accueillir la semence, cette terre labourée patiemment année après année dans l’attente de la récolte, cette terre fécondée par l’Esprit de Dieu qui permet l’enfantement de la création nouvelle. Dieu veut que le cœur de chacun de ses enfants se transforme en de bonne terre capable de produire en abondance des fruits de charité, de compassion, d’amour, de miséricorde, d’humanité, de solidarité ; en un mot tout ce qui est susceptible de rendre l’Homme vraiment Homme selon le plan de Dieu.

Frères et sœurs, en actualisant cette parabole dans notre vie, nous pouvons nous auto-questionner : à quel type de sol ressemble notre cœur ? Ressemble-t-il à une ronce, ou un sol pierreux, ou bien à une bonne terre ou au bord du chemin ?

Déjà dans la première lecture, le prophète Isaïe met en valeur l’efficacité souveraine de la Parole de Dieu : « ma parole qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission ».

Quoi qu’il en soit, la Parole est déjà semée en nos cœurs, à nous de lui donner l’opportunité avec la grâce de l’Esprit-Saint pour s’épanouir, voir donner du fruit au centuple. Que l’on veule ou non, Dieu sera toujours vainqueur.

Tout au long de cette eucharistie, demandons au Seigneur de faire de notre cœur pierreux, ronceux, un sol fertile où sa Parole puisse s’enraciner, croitre et porter enfin un fruit qui demeure dans les siècles des siècles.

Amen


Homélie du 14e dimanche du temps ordinaire A

Frères et sœurs,

L’Évangile est toujours un message de Joie, un message d’amour, qui nous ouvre à l’Espérance : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai du repos ».

Quel beau message d’espérance que Jésus nous révèle dans cette page d’évangile !

Pour mieux comprendre ce message évangélique, il faut vraiment le situer dans le contexte de l’époque. Le peuple Israël portait un lourd fardeau lié à une mauvaise interprétation de la Loi, une doctrine écrasante, maladroite exigeante et inhumaine. Jésus n’a pas mâché ses mots devant le comportement des prêtres, des scribes et des pharisiens, pour l’étroitesse de leurs interprétations inhumaines de la Loi, la législation du sabbat, par lesquelles ils accablent la vie des gens, les petits, les doux et les humbles ; alors qu’ils se refusent eux-mêmes à remuer du bout du doigt ces fardeaux pesants. « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai du repos ».

Ici, Jésus voulait adapter son enseignement au mieux, aux petits, aux doux et humbles de cœur, il se veut accessible à ceux et celles qui n’ont pas de nom, de renommé, que les autres négligents, oublient habituellement.

Frères et sœurs, par ce message, Jésus voulait et veut rejoindre tous ceux et celles dont la vie de chaque jour devient un lourd fardeau à porter. Vous n’êtes pas sans savoir que de nos jours, il y a bons nombres de gens qui portent le poids du jour dans l’indifférence, par rapport aux autres, dans une pauvreté extrême, dans l’oubli. Comment ne pas mentionner certaines personnes âgées et/ou malades qui sont restées cloitrées dans leur maison, les pays en guerre, les réfugiés, les sans-papiers, les demandeurs d’asile et j’en passe ! Oui, frères et sœurs, ils sont nombreux ceux et celles qui sont accablés quotidiennement par les soucis et les ennuis de toutes sortes. Frères et sœurs, l’Évangile est toujours d’actualité. Ce message d’Espérance de Jésus, s’adresse à toute cette foule de tous les temps. Jésus en tant que grand pédagogue, a fait usage d’une formule très simple, afin que les petits, les doux et les humbles puissent y accéder : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai du repos ».

(Il y a des moments dans la vie où nous sommes vraiment faibles, déboussolés. Jésus nous invite à lui, pour refaire nos forces et nous remettre en chemin, le vrai chemin).

Venir à Jésus c’est choisir le chemin de la libération ; c’est s’abandonner totalement à lui en toute circonstance, tel que nous sommes, avec nos poids de péché ; venir à Jésus, c’est reconnaitre que sans lui nous ne pourrons plus rien. Mais en fait, c’est Jésus lui-même qui vient toujours à notre rencontre avec une humilité on ne peut plus ; en nous tendant ses tendres mains, il nous dit : viens, marche avec moi et tu verras. Et notre réponse devrait-être celle de l’apôtre Paul : « à qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ».

Jésus continue son enseignement en nous invitant cette fois-ci à prendre sur nous son joug et devenir ses disciples… : « prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples… ». Je me suis arrêté sur le mot « Joug », parce que je me suis dit que ce mot n’est pas trop connu, parce qu’il fait partie des techniques archaïques utilisés dans le monde agricole. Le joug c’est un bout de bois préparé sur mesure, très robuste qu’on place sur l’encolure des bœufs et/ou des chevaux, il relie les animaux deux à deux, car à deux ils étaient bien plus fort pour tirer de lourds fardeaux, chars de botes de pailles, de denrées agricoles etc. Chez moi, en Haïti on utilise cette technique en milieu rural pour transporter de la canne-à-sucre ou d’autres denrées agricoles, mais aussi pour le labour des terres en lui attachant un outil aratoire (la charrue). Même quand c’est lourd, le joug ; mais personne n’aurait eu l’idée de le dire, parce que c’est le moyen pour être plus fort. « Oui mon Joug est facile à porter, et mon fardeau léger » nous dit Jésus dans cet évangile.

Frères et sœurs, ce que Jésus nous propose aujourd’hui, c’est le moyen d’être plus fort avec lui. Jésus nous invite à nous lier à lui, non pas par un bout de bois, le joug ; mais par le « joug de la prière, de la charité, de la miséricorde, de l’amour et les sacrements. Les fardeaux lourds de nos rancœurs, de l’indifférence, de nos péchés nous accablent, Jésus est venu pour les porter à notre place. Il prend tout sur lui en vue de nous libérer. Ce que Dieu veut pour nous, c’est le bonheur. Voilà pourquoi dans le récit de la création ; Dieu a tout créé avant même de créer l’homme, parce qu’il voulait que nous soyons heureux. Nous pouvons rendre grâce à Dieu, en reprenant cette prière de Jésus : « Père Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits que nous sommes ».

Amen

Chant : Marche avec moi, je suis le chemin et la vie. Marche avec moi, tu gouteras la vérité. Si tu veux relever le défi marche avec moi et tu verras.


Homélie du 13e dimanche du temps ordinaire A

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ».

Frères et sœurs,

De par notre baptême nous avons été unis au Christ Jésus ; c’est le baptême qui a fait de nous des enfants adoptifs de Dieu, frères et sœurs de Jésus-Christ. C’est ce qui fait de nous des chrétiens, disciples et missionnaires du Christ. Être disciple et missionnaire du Christ, c’est se mettre à son école, c’est se donner à lui, à ce qu’il est pour nous, à ce qu’il nous demande, à ce qu’il nous donne. « Car tout est grâce, nous rappelle Sainte Thérèse ». Étant Chrétiens, nous ne pouvons pas nous donner partiellement au Christ. Car Jésus nous dit, pour devenir son disciple, nous devons consentir à lui de tout notre être, avec la totalité de notre être.

Frères et sœurs, prenons le temps de regarder la réalité de tous les jours, notre expérience humaine ; nous constatons que notre être est toujours engagé à des réalités humaines. Car généralement, la préoccupation d’un bon père de famille ce sont son épouse et ses enfants et vice-versa. En invoquant la famille, c’est parce que Jésus le sait bien, que la famille c’est quelque chose de très important. Nous sommes liés à nos familles. Jésus est issu d’une famille, il a aussi des attaches familiales. Il connait bien ce niveau d’expérience humaine. Cependant, il a dirigé ses affections humaines à l’intérieur d’un engagement plus total, plus profond ; celui de sa communion parfaite avec le Père : « ne saviez-vous pas que mes affaires me tiennent dans la maison de mon père » (Lc 2,49).

Frères et sœurs, ici Jésus a prit un exemple tout naturel, l’attachement familiale. Connaissant le lien fort qui existe dans la famille, dans les parentés ; Jésus nous demande de lui préférer avant tout, comme condition sine qua non pour être ses disciples. Jésus nous demande maintenant un renoncement total, pour un attachement parfait, un attachement total à lui. Voilà la pointe de son Évangile : « renoncer à tout pour se donner totalement à Dieu ».

Moi, personnellement, en méditant ce passage de l’Évangile, j’aperçois combien je suis loin de ce que le Christ nous recommande ; sachant mes attaches familiales. Et pourtant, dans ce passage de l’Évangile, il est question de s’attacher au Christ. Frères et sœurs, l’attachement au Christ doit toujours emporter sur les liens les plus chers et même sur notre propre vie. Un renoncement aussi crucifiant, en vue de devenir avec le Christ. Devenir avec le Christ, c’est accepter de se lancer dans cet élan d’amour avec et pour le Christ.

Oui Frères et sœurs, cet Évangile s’adresse à chacun de nous aujourd’hui : « Jésus nous demande en notre nom personnel, de mettre nos affections humaines à l’intérieur et en dépendance d’un choix radical ; le choix de suivre Jésus, le Christ ; le choix de se donner totalement au Christ.

Frères et sœurs en dépit de ce message évangélique, Jésus ne nous a pas demandé de couper nos liens familiaux, il nous demande tout simplement de lui préférer avant tout. Car, Jésus lui-même nous a donné l’exemple ; en se donnant totalement à son père ; il n’a pas exclu son affection pour sa mère et sa parenté. Donc, lorsque Jésus nous parle de préférence, il ne s’agit pas d’une nécessité d’exclure, mais il s’agit de ne pas se laisser détourner d’un choix premier, radical, fondamental, essentiel.

Frères et sœurs, préférer le Christ, cela revient alors à dire, qu’on choisit de mettre nos pas dans ses pas, qu’on choisit d’aimer ce que le Christ aime et qu’on choisit d’accueillir dans notre cœur ce que le Christ accueille dans le sien. Frères et sœurs, regardons un instant au plus profond de nous-même : « nos démarches, nos décisions, nos actions, nos pensées, notre agir ; sont-ils toujours en accord avec ce que le Christ nous recommande ?

Préférer le Christ, en renonçant à tout ce qui pourrait lui faire obstacles : nos intérêts personnels, les liens familiaux, les biens matériels, etc. ; telles sont les exigences de l’Évangile pour devenir disciple du Christ. De nos jours, ce qui est très courant, c’est une question de connexion : connexion à twitter, face book, WhatsApp etc. Si vous voulez mobiliser du monde, même les jeunes, les enfants à la catéchèse, il faut passer par les réseaux sociaux. Ce phénomène est tellement généralisé, j’ai l’impression que si on n’est pas connecté aux réseaux sociaux, eh bien on est déconnecté de ce monde, de notre monde.

C’est en prenant notre croix pour marcher derrière Jésus, que nous parvenons à devenir ses disciples. A chaque célébration eucharistique, nous commençons toujours par le signe de la croix. Donc, la Croix est pour nous un moyen de connexion à Dieu trinité. En faisant le signe de la croix, nous nous sommes invités à nous déconnecter de tout ce qui est susceptibles de nous distraire, pour nous connecter définitivement à Dieu, l’unique nécessaire.

Tout au long de cette eucharistie, frères et sœurs demandons au Seigneur de nous donner la Lumière intérieure de l’Esprit-Saint et le courage nécessaire, afin que nous parvenions à penser et à agir conformément à son Évangile.

Amen

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Chants et lectures de la messe du 13e dimanche du temps ordinaire A

Homélie du 12e dimanche du temps ordinaire A

« Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde »

Frères et Sœurs,

L’Évangile est toujours message de joie et d’espérance. « Soyez sans crainte, ne craignez pas, n’ayez pas peur », ce sont en autres des termes très familiers qu’utilise Jésus dans les synoptiques, soit pour réconforter ses apôtres, ses disciples, soit pour s’adresser à d’autres personnalités dans l’écriture comme par exemple Marie, mère de Jésus, Zacharie, le mari d’Élisabeth.

En méditant sur cette page d’évangile, je me suis arrêté sur cette phrase, qui est pour moi un message porteur de Joie, un message qui ouvre à l’Espérance à la confiance : « Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde ».

Frères et sœurs, c’est à chaque moment que nous nous retrouvons en situation de détresse, de peur et de doute ; devant la force du mal, devant les persécutions ; le Seigneur nous redit : « Soyez sans crainte… » ! Vous avez du prix aux yeux de Dieu. Même les branches de vos cheveux sont tous comptées. En utilisant l’image de cheveux, Matthieu veut nous booster en découvrant combien Dieu nous aime, combien nous comptons pour lui. Comme preuve d’amour, Dieu se donne du temps pour compter toutes les branches de nos cheveux. Je trouve que c’est formidable, c’est merveilleux l’image des cheveux ! L’Évangile est toujours d’actualité, tout comme cette parole avait du sens pour les apôtres de Jésus, il en est de même pour nous aujourd’hui. L’Église est encore persécutée, dans quelques points du monde. Nous ne pouvons pas dénombrer combien de chrétiens sont tués, exploités sexuellement, exilés à cause de leur foi chrétienne. Elles sont nombreuses, les Églises incendiées, des lieux de cultes qui sont profanés ; d’ailleurs récemment dans notre diocèse. En dépit de tout cela, le Seigneur nous redit : « Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde ».

Devant l’évolution du monde, de notre monde, devant le chômage, la guerre, la migration, les injustices sociales, le problème de l’environnement, notre maison commune, la misère et la faim, la crise du COVID 19 ; cette parole de Jésus garde encore toute sa saveur : « Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde ».

D’autant plus, il y a plusieurs motifs que Jésus à éclairer, qui nous incitent à ne pas craindre : Les persécuteurs peuvent tuer le corps, mais ne peuvent pas détruire l’âme. Du coup, l’invitation est faite à craindre que celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Le royaume de Dieu qui mérite une confiance joyeuse va se manifester ; Dieu veille sur chacun de nous comme un père veille sur la plus petite de ses créatures.

Frères et sœurs, vous le savez, on ne tue pas seulement avec des armes à feu, des chars de guerres, des missiles, des armes blanches, mais souvent on tue aussi avec le regard, la langue ; notre regard et notre langue sont aussi puissants qu’une arme à feu, qu’un missile, qu’une arme nucléaire, qu’une arme blanche, si nous ne les contrôlons pas. L’homme par son regard et sa langue, peut tuer notre réputation, peu tué notre corps ; mais Dieu seul à le pouvoir d’envoyer à la géhenne : N’ayez pas peur ! « Soyez sans crainte !

Frères et Sœurs, Cette vérité doit nous rendre fidèle à notre conscience, car rien de ce que nous faisons n’échappe à vigilance de Dieu. Car Dieu est omniprésent dans notre vie, même quand nous n’en prenons pas conscience. Rien de ce que nous disons, nous faisons n’échappent au regard de Dieu, qui nous jugera. Mais, Cette vérité doit aussi nous remplir de confiance et d’espérance, car quand l’homme nous regarde avec un regard de violence, de terreur, de malveillance ; Dieu nous regarde toujours avec un regard d’amour et bienveillant, un regard de paix et miséricordieux. Le regard de Dieu est celui d’un père qui aime ses enfants et veille sur eux.

« Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde ». Nous sommes tous comptés aux yeux de Dieu, même nos cheveux. N’ayons pas peur, car le regard bienveillant de Dieu est en permanence sur nous.

Amen

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Chants et lectures de la messe du 12e dimanche du temps ordianire A

Homélie de la solennité du Saint-Sacrement

Frères et sœurs,
Nous fêtons aujourd’hui la fête du Saint-Sacrement, c’est-à-dire la fête du Corps et du Sang du Christ. Pour reprendre le Pape Benoît XVI : « Le Saint-Sacrement, « don » que le Christ fait de lui-même, est la « source de tout amour ».
Dimanche dernier, nous avons entendu Jésus ressuscité qui nous a promis d’être avec nous jusqu’à la fin des temps. Il a respecté sa promesse de diverses manières. D’ailleurs, il ne peut pas faire autrement, car son nom est « Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous ». Tout d’abord, il est avec nous par sa Parole de vérité, appelant encore au Salut et à la Liberté. Puis, il est avec nous par son corps mystique qu’est l’Église, chargé de conduire au Père ceux et celles qui se confient à Elle. Plus encore, il est présent par le sacrement « de son Corps et de son Sang ». En effet, depuis l’Incarnation du Verbe de Dieu, Dieu continue à venir pour demeurer en nous, pour faire de nous sa demeure privilégiée. Bien que nous ne soyons pas toujours conscients de cela, notre corps est le Temple, la demeure de Dieu.

Aujourd’hui, en fêtant la solennité du Saint-Sacrement - communément appelée « Institution de l’Eucharistie » - nous sommes invités à pénétrer au plus profond de nous-mêmes en vue de scruter notre relation à l’Eucharistie. Frères et sœurs, « devenir Eucharistie, c’est le vœux et l’engagement constants du prêtre, mais aussi de chaque baptisé(e) ; afin que l’offrande du corps et du sang du Christ faite à l’autel soit vraiment le sacrifice de notre existence. C’est ce que les fidèles, les paroissiens attendent de leur pasteur, c’est ce que le monde attend de nous ; un véritable exemple de dévotion envers l’Eucharistie ». Quand les paroisses proposent des temps d’adoration eucharistique, c’est toujours en vue de notre croissance spirituelle.
Que c’est magnifique de prendre du temps, dans le silence de nos cœurs, pour adorer celui qui a donné sens à notre existence ! Combien nous sentons-nous heureux, libérés, après avoir passé un moment de silence devant le Saint-Sacrement !

Frères et sœurs, la liturgie eucharistique nous parle de deux tables : la table de la Parole et la table eucharistique. La table de la parole, c’est-à-dire la liturgie de la Parole, là où l’on écoute les lectures, le psaume et l’Évangile, est aussi importante que la liturgie de l’Eucharistie ; car elle nous aide à préparer notre cœur pour accueillir le Corps et le Sang du Christ. J’espère qu’il n’y a pas parmi nous des malins qui loupent la liturgie de la Parole et rattrapent la liturgie Eucharistique ! Car il nous faut nous nourrir à ces deux tables, il faut que nous vivions ces deux dimensions de la célébration eucharistique. Est-ce que ces deux dimensions essentielles à la vie chrétienne, à la croissance de l’être chrétien, sont présentes dans notre existence ? La lecture de la Parole est-elle le lieu de croissance de notre désir du pain eucharistique ?
En effet, si dans l’Ancien Testament, comme nous venons de l’écouter dans le livre du Deutéronome, où Dieu a pris soin de son peuple en situation de grande détresse, en lui donnant de la « manne », pour l’aider à se rendre compte de sa vraie faim ; il faut l’interpréter comme une préfiguration du nouveau Testament où Dieu va donner son propre corps et son propre sang en nourriture. Puis il conclut de façon solennelle : « Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement ».
Frères et sœurs, de nos jours, certains détracteurs du Christianisme à l’instar de certains Juifs contemporains de Jésus, disent que les Chrétiens sont des cannibales, car ils mangent la chair du Christ ! Frères et sœurs, dans la langue de Jésus, en araméen, le mot « Corps » ne désigne pas la chair humaine, mais « la personne » toute entière. Jésus ne donne pas sa chair à manger, mais il se donne lui-même tout entier. Ce faisant, il annonce que sa personne va être livrée à la mort et qu’on peut communier à cela. Il en est de même pour l’expression « mon sang » qui, en langage sémitique, signifie « ma vie ». A la messe, en recevant le Corps et le Sang du Christ, nous ne mangeons pas de la chair humaine, ni nous ne buvons du sang humain. Mais, comme les disciples du Christ à la messe, nous communions à la personne du Christ qui a donné sa vie sur la croix.

Frères et sœurs, Jésus a scellé l’Alliance nouvelle au prix de son sang ; l’Alliance entre Dieu et l’humanité toute entière. Avec Jésus, il n’y a plus de Sacrifice, car il est la victime sans tache ; et son sang purifie notre conscience des actes qui mènent à la mort, à la perdition, pour que nous puissions célébrer le Culte du Dieu Vivant.
En cette fête du Corps et du Sang du Christ, demandons à Dieu de dynamiser en nous notre conception de l’Eucharistie ; qu’il nous fasse être toujours plus ce que nous sommes : le Corps du Christ. Amen.

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Chants et lectures de la messe du Saint Sacrement

Homélie de la Solennité de la Pentecôte

Frères et Sœurs,
Cinquante jours après Pâques, l’Église célèbre la solennité de la Pentecôte : le « Don de l’Esprit-Saint aux Apôtres ». La Pentecôte est parfaitement reconnue comme la fête de la venue du Saint Esprit sur les Apôtres et du départ missionnaire de l’Église. Par cette solennité, l’Église répandue dans le monde entier est en train de revivre le mystère de sa propre naissance, de son propre baptême dans l’Esprit-Saint.
Frères et sœurs, dans la liturgie de la fête de la pentecôte, nous sommes convenus à contempler deux caractéristiques de Dieu : Sa fidélité et Son amour.

  1. La fidélité de Dieu : Dieu est fidèle en tout ce qu’il dit, et tout ce qu’il dit est vérité. Jésus, avant de passer de ce monde à son père, a promis à ses disciples une force nouvelle, la force de l’esprit-saint, un autre défenseur qui sera pour toujours avec eux : c’est l’Esprit de vérité. Cette promesse s’accomplit pleinement à la Pentecôte, par le don de l’Esprit-saint. En effet, après la mort tragique de Jésus, les Apôtres, les disciples de Jésus vivaient dans une situation d’extrême angoisse et de peur. Ils avaient peur de la fureur des assaillants de Jésus. Alors qu’ils étaient enfermés dans le Cénacle, soudain, l’Esprit-saint leur est apparu sous forme d’un bruit pareil à celui d’un vent, un coup de vent ; comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous emplis de l’Esprit-Saint. Souvenez-vous, Jean Le Baptiste au bord du Jourdain disait : « Moi je vous baptise dans l’eau, mais celui qui va venir après moi est plus grand que moi ; il vous baptisera dans l’Esprit-saint et dans le feu ». Donc à la Pentecôte, les Apôtres ont reçu le baptême dans l’Esprit-Saint.
    Frères et sœurs, aujourd’hui dans le contexte du Covid-19, nous sommes en train de vivre une nouvelle Pentecôte. Cette année, la célébration de la Pentecôte nous édifie beaucoup plus qu’avant parce que, comme les disciples d’autrefois de Jésus, nous étions tous enfermés depuis environ deux mois et demi, non pas dans le cénacle, mais dans nos maisons. Non pas par peur des assaillants de Jésus, mais par peur du Covid-19, en vue de freiner sa propagation. Comme on dit souvent « après la pluie vient le beau temps ». C’est notre pentecôte aujourd’hui, même quand nos habitudes ont changé, mais nous sommes beaucoup plus rassurés.
    A la Pentecôte, l’Esprit-Saint libère les Apôtres de la peur, de la peur de la mort ; en leur ouvrant de nouvelles perspectives : « Le commencement de leur mission en toutes langues, peuples et nations ». A la pentecôte, l’Esprit-Saint se posa sur eux ; désormais, ils sortaient sans peur et commençaient à annoncer la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n’avaient plus peur, parce qu’ils avaient pris conscience qu’ils étaient entre les mains du plus fort, d’une toute-puissance d’amour.
    L’Esprit-Saint s’est manifesté sous la forme d’un coup de vent, d’une brise légère qui enlève tout ce qui était impureté, de peur ; et aère notre poumon spirituel. Car si on a peur, on a du mal à respirer, notre Foi est mise à l’épreuve. L’esprit-saint est ce souffle qui facilite l’aération, la capacité à mieux respirer et à rester droit dans nos bottes.
    L’Esprit-saint se manifeste sous la forme d’un feu qui ne se consume pas. De nos jours, bon nombre de pays se sont lancés dans la course aux armements. Ils voulaient se doter des armes capables de mettre le feu dans l’autre bout du monde pour asseoir leur domination et créer de la déstabilisation chez les petits pays, de la misère et une affluence de migration.
    Frères et sœurs, la seule force, la seule énergie capable de mettre le monde en mouvement, voire de le transformer, n’est pas dans la force des armes ; mais dans l’action de l’Esprit-saint, qui se manifeste sous la forme d’un feu d’amour, qui nous purifie, qui nous sanctifie, qui nous fortifie, qui nous relève, qui nous rendra capable de traverser toutes sortes d’épreuves et de garder notre Foi.
  2. L’Amour de Dieu : le don de l’Esprit-saint est un signe visible de l’amour de Dieu pour ses disciples de l’époque et ceux d’aujourd’hui. Jésus ne voulait pas que nous soyons orphelins, il veut nous rassurer de sa présence par le don de l’esprit-saint. Il ne veut pas que nous soyons à genoux, que nous vivions dans la peur ; mais debout en toute liberté pour marcher à sa suite. L’amour de Dieu veut que nous soyons unis les uns aux autres, dans un respect mutuel. Et c’est Dieu lui-même qui nous redit : « Tu es mon fils bien aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ». C’est l’Esprit-saint qui facilite cette cohésion et cette unité entre tous les chrétiens. L’amour de Jésus nous a donné l’Esprit-saint, c’est-à-dire l’amour de Dieu qui renouvelle la face de la Terre, qui la libère de la domination de la mort et la purifie.
    Frères et sœurs, n’ayez pas peur de prier l’Esprit-saint, il est Dieu au même titre que le Père et le Fils. Dans le symbole de Nicée-Constantinople, nous disons : « avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ». L’Esprit-Saint est l’âme de l’Église. L’Église est sans cesse modelée et guidée par l’Esprit du Père et du Fils. Invoquer couramment l’Esprit-Saint, c’est s’ouvrir au don de Dieu qui est amour et fidélité, c’est s’assurer que l’unité entre les chrétiens est possible ; parce que, tout comme l’Esprit-saint fait le lien entre le Père et le Fils, il est capable de nous unir les uns aux autres. Laissons-nous guider, instruire, sanctifier par le Saint-Esprit de Dieu. Soyons dociles à l’Esprit-saint et nous serons parfaitement comblés.

Que le seigneur renouvelle en nous, en son Église, cette force nouvelle, afin que nous parvenions à traverser courageusement toute épreuve de la vie, de notre monde, tout en restant fidèles à notre Foi.
Amen.


Homélie du 7e dimanche de Pâques

Ac 1,12-14/ Ps 26 (27), 1,4,7-8/1P 4,13-16
De l’Évangile selon saint Jean : Jn 17,1b-11a
Frères et Sœurs, nous voici au 7e dimanche de Pâques, nous cheminons à grands pas vers la Pentecôte, où Jésus va donner l’Esprit-Saint à ses Apôtres. En effet, par l’ascension du Seigneur et le don de l’Esprit-Saint, s’achève le temps de Dieu et est inauguré le temps de l’Église. Mais une Église qui n’est pas livrée à elle-même, mais guidée par la force de l’Esprit-saint, l’Esprit du Père et du Fils. Le Christ est monté aux cieux : visiblement, il n’est plus là, ses apôtres ne peuvent pas le voir, mais spirituellement et immatériellement, il est là, il est vraiment là au milieu de nous, pour nous aider à comprendre ce que c’est : faire la volonté de Dieu !
La liturgie d’aujourd’hui nous présente la figure de Jésus qui prie son Père, et la promesse de la vie éternelle à tous ceux que Dieu lui a donnés : « Père, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. Comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ». Ce faisant, Jésus nous exhorte à prier son Père, notre Père, en passant par le Fils unique Jésus-Christ, notre sauveur et notre Frère. Car la vie éternelle, c’est de connaître Dieu, l’unique Dieu, le vrai Dieu ; or il n’y a que le Fils qui connaît le Père dans toute son intimité, car il est dans son Père et son Père est en lui. Le résultat : seul le Fils peut nous faire connaître le vrai Dieu et nous donner la vie éternelle. Aussi, disait-il à ses disciples : « Qui m’a vu a vu le Père, car je suis dans le Père et le Père est en moi ».
Frères et Sœurs, tout baptisé est appelé à imiter le Christ et à accomplir ses commandements : en faisant répandre sa bonne nouvelle jusqu’aux confins du monde et en nous aimant les uns les autres. Voilà notre engagement de Chrétiens, de baptisés, de disciples et missionnaires du Christ dans notre monde d’aujourd’hui.
« J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants ». Alléluia ! En méditant sur ces textes bibliques, j’ai commencé par rendre gloire à Dieu pour sa bonté infinie, pour sa majesté ; pour la vie éternelle qu’il nous a promise, malgré nous. Donc, nous devons être dans la joie, la joie du Christ ressuscité qui nous a promis sa fidélité par l’envoi de l’Esprit-Saint, mais aussi pour la vie éternelle qu’il nous a promise.
Frères et Sœurs, combien de personnes à travers le monde n’ont pas connu Dieu, n’ont pas eu l’occasion de faire cette rencontre extraordinaire, cette rencontre magnifique avec Dieu, par le Christ ? Dans ce passage de l’Évangile, Jésus a explicité la vie éternelle : « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ».
Frères et Sœurs, si aujourd’hui il y a tant de personnes qui souffrent un peu partout dans le monde, s’il y a de la violence, des guerres... c’est parce qu’il y a beaucoup de gens qui n’ont pas eu l’occasion de faire cette rencontre extraordinaire avec Dieu, à travers son Fils Jésus ; c’est parce qu’ils n’ont pas connu Dieu. Seule la rencontre avec Dieu peut bouleverser la vie de ces gens, seule la rencontre avec Dieu peut transformer le regard de ces gens à propos de la dignité de la personne humaine. Aussi, disait l’Apôtre Paul : « Depuis ma rencontre avec le Christ, ma vie est transformée ». C’est donc pour nous une occasion de penser d’une façon particulière à tous ceux et celles qui sont à la recherche de Dieu, à tous ceux et celles qui cherchent à donner du sens à leur vie, aux pauvres de Foi et d’espérance dans les périphéries de notre monde. La mission de l’Église, notre mère, notre mission de baptisés, c’est d’aller à la rencontre de ces gens dans nos périphéries respectives, qui attendent de nous la bonne nouvelle, une parole apaisante, une parole constructive qui invite à se mettre débout et à marcher dans l’espérance et dans la confiance. N’ayez pas peur de témoigner de votre Foi et de rendre gloire à Dieu pour ce nom de Chrétien ; il n’y a pas de honte pour ceux qui marchent avec Jésus, pour ceux qui espèrent en Dieu !
Frères et Sœurs, le Christ n’était pas mort pour que soyons à genoux, mais pour que nous puissions nous tenir debout, emplis de joie, pour marcher à sa suite. Donc, l’invitation pour nous de ne pas nous laisser intimider, mais de lutter pour sauvegarder nos valeurs, notre identité, le vivre-ensemble.
Parfois dans le quotidien de notre vie, il y a certains comportements, certaines façons de faire, certaines décisions, certaines idéologies qui nous mettent à genoux, qui re-crucifient Jésus le Christ. Osons nous relever en donnant la main généreuse à ceux et celles qui sont loin et qui ne peuvent pas se relever tout seuls. La moindre chose que nous fassions aura du sens ; comme par exemple : un regard bienveillant, un sourire, l’attention aux autres ; ce sont de petites choses que nous pouvons faire dans notre quotidien, mais qui apporteront des résultats extraordinaires.
Rendons grâce à Dieu par Jésus-Christ pour la vie éternelle qu’il nous a promise, et demandons lui de faire grandir en nous la Foi et l’audace missionnaire en vue de l’établissement définitif de son règne.
Amen.


Homélie de la Solennité de l’Ascension du Seigneur

« Et moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »
Frères et Sœurs, l’Évangile de Saint Matthieu s’ouvrait sur la promesse de « l’Emmanuel = Dieu avec nous (Mt 1, 23) ». Il s’achève sur la même assurance donnée à l’Église : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Cela nous permet de comprendre que Dieu est inchangeable. Si, souvent, l’homme change de position comme les caméléons changent de couleur, Dieu reste le même, hier, aujourd’hui et demain.
La Solennité de la fête de l’Ascension du Seigneur - la montée de Jésus ressuscité vers son Père, quarante jours après Pâques - ne peut être comprise qu’en lien avec Pâques et la Pentecôte : le Christ est mort pour le salut du monde, il est ressuscité et il a rejoint le Père ; puis il a envoyé aux hommes l’Esprit-Saint, révélant ainsi la troisième personne de la Sainte Trinité. Le Christ est monté aux cieux et est assis à la droite du Père, en vue de nous préparer une place. Nous nous souvenons de cette Parole de Jésus à ses disciples : « Je pars vous préparer une place, là où je suis vous y serez aussi (Jn 14,2-3) ».
Les Apôtres, obéissant à leur maître, leur Pasteur, s’en allèrent en Galilée en vue de répondre à cette convocation du Christ ressuscité. Une rencontre émouvante, avec beaucoup de suspense pour certains et pour d’autres la confiance. Mais l’essentiel, ils ont tous répondu à cette convocation du Christ, Jésus.
Frères et Sœurs, souvent, nous nous laissons mener par nos inquiétudes et nos doutes. Non ! Il ne faut pas nous laisser guider par nos doutes. La faiblesse humaine peut nous porter à douter certes, mais il faut toujours garder confiance en Dieu.
Vous voyez les Apôtres, en dépit de toutes les incertitudes, de suspicions pour certains, ont eu l’audace de répondre à l’invitation du Christ sur la montagne de Galilée. Nous aussi, ne remettons pas à demain l’invitation que le Seigneur nous fait. C’est maintenant qu’il faut y répondre, parce que plus tard/demain ne nous appartiennent pas.
Frères et sœurs, Jésus avant de monter aux Cieux, a envoyé ses apôtres en mission avec un cahier de charge bien établi : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés ». C’est de là que découle le caractère missionnaire de l’Église ; l’Église est appelée à partir en mission, pour aller à la rencontre des pauvres de foi et d’espérance dans les périphéries du monde. De nos jours, cette mission est confiée aux successeurs des Apôtres, mais aussi à tous les baptisés. Car on devient disciple par notre baptême, et on le demeure grâce à l’observance des commandements.
« Et moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » _ Sœurs et frères, le retour du Christ à son Père est à la fois source de peine, parce qu’il implique son absence, et source de joie, parce qu’il implique sa présence. En théologie, on appelle cela « la présence dans l’absence ». Frères et Sœurs, avec l’Ascension du Seigneur, s’achève le temps de Dieu et est inauguré le temps de l’Église que nous formons. Une Église qui n’est pas livrée à elle-même, mais guidée par l’Esprit-Saint, l’Esprit du Père et du Fils ; l’Esprit de sagesse, nous dit l’apôtre Paul.
Oui, frères et sœurs, Jésus n’abandonne pas ses disciples, son Église. En compensation à son départ imminent, il leur a promis une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur eux. Par l’ascension du Seigneur, nous avons perdu la perception sensible et consciente de la personne du Christ ; nous ne pouvons pas le regarder, l’entendre, parler avec lui, le suivre de lieu en lieu ; mais nous jouissons spirituellement, immatériellement, intérieurement, mentalement et réellement de sa vue et de sa possession.
Nous ne serons jamais isolés dans notre mission de baptisé, soyons confiants ; car c’est le Christ lui-même qui l’a dit : « Et moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Notre Dieu est fidèle et compatissant, quand il nous confie une mission, non seulement il nous donne les moyens pour pouvoir l’accomplir, mais aussi il nous accompagne.
En ce jour où nous célébrons l’ascension du Seigneur, rendons grâce à Dieu pour tous les dons qu’il nous a faits, et demandons-lui de nous aider dans notre cheminement de foi et d’espérance, de sorte que nous soyons un jour auprès de lui dans son Royaume, comme le Christ nous l’a promis.
Amen !


Homélie du 6e dimanche de Pâques

« Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviendrai vers vous »  
En compensation à son départ vers le père, Jésus ressuscité a promis à ses disciples le don de l’Esprit-saint. A travers cette page de l’Évangile, frères et sœurs, nous sommes invités à contempler la splendeur, la profondeur de la fidélité de Jésus à ses disciples. Une fidélité sans équivoque ; qui ne s’arrête pas, même devant les épreuves de sa mission. Ce faisant, il nous invite aussi à demeurer dans son amour et dans la fidélité à ses commandements. Oui frères et sœurs, c’est l’amour et la fidélité aux commandements de Dieu qui nous lie aux trois personnes divines : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ».
Frères et Sœurs, prélude à son ascension ; Jésus a fait un exercice hautement spirituel avec ses disciples, autour de l’amour et les commandements : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ». Ici, Jésus voulait dire clairement à ses disciples « qu’aimer Jésus, c’est accomplir sa volonté et imiter ses exemples ». Aimer Jésus, c’est être prêt à se donner totalement à lui, à son amour rédempteur. Par cet évangile, nous sommes invités à réfléchir sur la place de la Parole de Dieu dans notre vie. Quelle est la place de la Parole de Dieu dans ma vie ?
Frères et Sœurs, cette parole de Jésus s’adresse à nous aujourd’hui : « Si nous aimons le Christ-Jésus, nous devons être fidèle à ses commandements ». Quelle exigence Jésus nous impose ? En fait, ces commandements que Jésus nous demande d’appliquer dans notre vie de baptisé, ne sont pas des lois restrictives pour l’homme, des lois qui aliènent l’homme, mais ils sont purement et simplement des moyens de salut. Ce sont des marches à suivre pour mener une vie en relation étroite avec Dieu, une vie en Dieu et pour Dieu. Il est facile de dire que nous aimons le Christ ; mais qu’en est-il de la fidélité à ses commandements ?
Seigneur, nous ne t’aimons pas assez, aide-nous à t’aimer davantage tout en étant fidèle à tes commandements ! Sans Dieu, ne pouvons plus rien. Dieu nous ouvre toujours à l’essentiel. L’essentiel, c’est d’aimer Dieu et de vivre selon ses commandements.
Sœurs et frères, ne soyons pas effrayés car, si Jésus nous invite à entrer dans une telle démarche, c’est pour notre bien. Et quand Dieu invite, il donne toujours des moyens pour y arriver. Dieu ne nous laisse pas orphelin, il reste toujours auprès de nous, pour nous aimer, pour nous guider, nous réconforter et nous accompagner.
A chaque Eucharistie, nous faisons le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ qui s’est donné librement par amour pour nous les hommes. C’est le grand mystère de l’amour de Dieu pour nous les hommes, le mystère du don gratuit de Dieu à l’humanité. Jésus a révélé une fois de plus son intimité avec Dieu son Père, notre Père, et de sa communion avec l’humanité. Oui, frères et sœur, Jésus s’identifie vraiment à chacun de nous, pauvres pécheurs que nous sommes. Il est celui qui nous aime vraiment. Il ne veut pas nous abandonner, il veut vraiment faire route avec nous, nous faire entrer dans son intimité avec Dieu son Père.
« Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous, disait Jésus à ses disciples et à nous aujourd’hui ». Frères et Sœurs, je me suis émerveillé devant la grandeur, la splendeur, la profondeur de l’amour de Dieu pour nous les hommes. Il nous enverra l’Esprit-Saint pour nous accompagner, pour nous instruire, nous guider, pour nous défendre.
Par le don de l’Esprit-saint, Jésus nous a promis sa présence en nous, comme il est dans son père : « Je suis en mon père, ainsi que vous êtes en moi, et moi en vous ». Le Seigneur est vraiment extraordinaire et merveilleux ; car ce qu’il veut, c’est notre communion à son mystère ; c’est que nous communions en plénitude dans son amour, quelles que soient les difficultés de ce temps, de notre temps.
Et aujourd’hui, c’est cet Esprit qui gouverne l’Église que nous formons, c’est lui qui anime, qui éclaire, qui réconforte l’Église dans ses moments d’épreuves. C’est cet Esprit de vérité qui assure la sainte communion d’amour qui lie de toute éternité Dieu notre père à son Fils Jésus-Christ et ce dernier avec l’humanité entière. Et c’est cet Esprit, pour reprendre Saint Paul, qui nous apprend à appeler Dieu Père.
Rendons grâce à Dieu par Jésus-Christ pour le don de l’Esprit-Saint qu’il nous a fait, et demandons-lui de nous aider à demeurer fidèles à ses commandements, afin que nous parvenions à croître sans cesse dans cette unité par son Fils Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen !


Homélie 5e dimanche de Pâques A

« Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie… »

Nous sommes le 5e dimanche de Pâques, et nous continuons notre cheminement vers l’Ascension du Seigneur. C’est un temps d’action de grâce au Seigneur, qui s’est offert pour nous et qui est ressuscité pour nous. Oui Frères et Sœurs, c’est effectivement pour nous que le Christ est ressuscité. Et nous devons lui rendre grâce, toujours et en tout lieu, parce qu’il a fait de sa vie une offrande agréable à Dieu pour l’expiation de nos péchés. En prélude à son ascension, Jésus voulait rassurer ses disciples, qu’ils ne seront pas abandonnés : « Ne soyez pas bouleversés ; croyez en Dieu, croyez aussi en moi… Je pars vous préparer une place. »
C’est un message d’amour, de réconfort et de fidélité que Jésus a réitéré à ses disciples. Parce que les disciples de Jésus étaient bouleversés en écoutant Jésus annoncer une nouvelle fois qu’il allait partir. C’est tout à fait normal, car ils viennent de confronter la mort brutale de Jésus et maintenant, ressuscité, il annonce son départ. Frères et sœurs, chers jeunes, il y a des événements dans la vie pour lesquels on ne peut pas s’empêcher d’être bouleversé : par exemple le deuil, la maladie, et aujourd’hui le Covid-19 qui met notre monde à genoux. Ce qui peut nous relever, nous réconforter, c’est notre foi en Jésus, le victorieux de la mort.
Oui, Jésus va rejoindre son père en vue de nous préparer une place, pour que nous soyons avec lui pour toujours dans la maison de son Père. En effet, la lumière de Pâques éclaire la question pleine d’émotion de Thomas : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? ».
Frères et sœurs, chers Jeunes, il y a en chacun de nous un petit Thomas, un petit Philippe. Oui, nous nous sommes identifiés à ces deux apôtres. En regardant et en écoutant l’actualité sociopolitique (le Covid-19, le chômage, la guerre, la faim, l’après Covid-19), souvent nous savons nous interroger sur le sens de la vie. Ceux et celles qui n’ont pas pu trouver une bonne réponse se sont jetés dans la drogue, l’alcool pour ne citer que cela. Chers jeunes, frères et sœurs, la vie a un sens. Le sens de la vie se trouve dans cette réponse de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi ».
Et aujourd’hui encore, Jésus continue à nous redire qu’il est la porte d’entrée pour aller vers le Père. Ne soyons pas égarés, ni erronés, ne cherchons pas ailleurs ; car vous avez fait le meilleur choix : Jésus, le vrai chemin, la vérité et la vie ! Il est dans le père et le père est en lui. Celui qui m’a vu, a vu le Père, disait-il.
Chers jeunes, frères et sœurs, je m’adresse à chacun de vous, là où vous êtes confinés. Si vous voulez donner du vrai sens à votre vie, vous n’avez qu’un choix : choisir Jésus, lui confier tout ce que vous êtes, et je vous rassure que vous ne serez pas déçus. Car en s’appuyant sur Jésus, nous sommes bien assurés : il est l’unique assurance « tout risque » où on ne paie rien, sinon que de nous laisser illuminer par sa Lumière.
Oui, Jésus est le sens de notre vie ; le chemin qui nous mène vers le Père, vers la vraie vie. C’est effectivement ce chemin qu’Abraham a suivi pour accéder à la Terre promise, c’est aussi ce chemin qu’a suivi Moïse avec le peuple d’Israël en traversant la Mer Rouge, c’est ce chemin que les apôtres ont suivi jusqu’au martyr, c’est ce chemin que nous sommes convenus à suivre aussi de par notre baptême. Jésus est venu pour rendre témoignage de la vérité, et il est la vérité en personne, celui qui donne sens à notre existence.
Frères et sœurs, c’est cette vérité qui nous rassemble, et dont l’humanité est en quête. Jésus est la vie, car c’est par lui que nous avons hérité de la vraie vie, la vie parfaite et éternelle. Jésus, en donnant sa propre vie sur le bois de la croix ; par sa résurrection, il nous a affranchis de la mort. Quiconque suit Jésus, va au Père. Et celui qui fonde sa vie, son existence sur le Christ, le roc éternel, est assuré de partager la vie de Dieu.
Rendons grâce à notre Dieu qui nous a révélé son vraie visage en Jésus, le Christ : il est la vérité ; et quand nous le recevons à l’eucharistie, il est le chemin véritable qui nous conduit jusqu’à Toi. Que la lumière du Christ ressuscité illumine notre cœur et fasse grandir en nous la joie de l’évangile.
Amen.


5e dimanche de Pâques

J’ai vu des fleuves d’eau vive

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Ils choisirent sept hommes remplis d’Esprit Saint » (Ac 6, 1-7)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien. Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. » Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche. On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.

– Parole du Seigneur.

Psaume 32 à écouter

PSAUME

(Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19)

R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! (Ps 32, 22)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange ! Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.

DEUXIÈME LECTURE

« Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal » (1 P 2, 4-9)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés, approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. En effet, il y a ceci dans l’Écriture : Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte. Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche. Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)

Acclamation de l’Évangile

Resucito (ter) Aleluya ! Aleluya (ter) Resucito !

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Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur. Personne ne va vers le Père sans passer par moi.

Resucito ! (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie du Père Chedly (en cliquant sur le lien)

Prière universelle

Seigneur nous te prions pour toutes les personnes isolées, en souffrance physiquement, psychologiquement, tous ceux qui ont perdu un membre de leur famille, un ami

Seigneur, nous te demandons d’apaiser le monde, éclaire nous de ta lumière, montre nous ta vie en abondance donnée aux hommes, telle une fleur qui s’épanouit, un oiseau qui s’élance de son nid, envoie nous pour construire un monde aussi beau que tout ce que tu nous donnes

Seigneur, ce confinement imposé à la tous les hommes de toute la terre a été comme une pause dans le temps des hommes, pause pendant laquelle nous ne pouvions plus voir nos parents, nos amis. Pause pendant laquelle nous n’avons pas pu nous rassembler auprès des défunts, de leur famille. Seigneur transforme en nous ce temps d’isolement en une plus grande bienveillance envers tous les hommes, en particulier pour tous ceux qui manquent d’amour et d’attention.

Bouton d'or

Jésus est le chemin

Jésus est le chemin

Qui nous mène vers le Père,

C’est lui qui est la vérité,

Il est la vie.

1. Jamais homm’ n’a parlé ainsi que celui-là, Non personn’ ne peut faire les sign’s qu’il accomplit, Dieu est avec lui !

2. Jean-Baptist’ nous a dit : “Voici l’Agneau de Dieu”, Car c’est lui que le Père a marqué de son sceau. Venez et voyez.

3. Celui qui croit en moi a la vie éternell’, Qui me suit marchera, non pas dans les ténèbr’s, Mais dans la lumière.

4. En gardant ma parol’, vous serez mes discipl’s, Alors vous connaîtrez vraiment la vérité Qui vous rendra libres.

5. Qui ne prend pas sa croix, ne peut suivre mes pas. Mais qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Marchez à ma suite !

6. Mon Royaume n’est pas de ce monde ici-bas. Je suis roi et quiconque est de la vérité, Écoute ma voix.

7. À nouveau je viendrai, vous prendrai avec moi, Et du lieu où je vais vous savez le chemin. Ayez foi en moi.

8. “De son sein couleront, oui des fleuves d’eaux vives”. Recevez l’Esprit Saint pour être dans le monde, Témoins de l’Amour !


Homélie du 4e dimanche de Pâques

En route vers « L’ascension du seigneur » : en ce 4e dimanche de Pâques, qui coïncide avec la journée mondiale de prière pour les vocations, la Liturgie d’aujourd’hui nous invite à méditer autour du terme : « Le Bon Pasteur ». Le Bon Pasteur qui aime véritablement ses brebis, qui connaît la voix de ses Brebis, le Bon Pasteur qui se donne librement en vue du salut de ses Brebis !
L’Église a besoin de Religieux, Religieuses, de Prêtres, de bons Pasteurs, de bons Pères et bonnes Mères de famille. Comme dit l’Écriture : « La moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt.9, 37-38). Voilà pourquoi l’Église nous invite à prier pour les vocations. Fort souvent, on parle de la Vocation dans un sens unique (comme une rue à sens unique), c’est-à-dire la vocation religieuse. Et pourtant, la vocation ne doit pas être vue dans un sens unique, mais à double sens. Parce qu’on a aussi besoin de bons pères et de bonnes mères de famille, pour pouvoir assurer notre pérennité et l’avenir de l’Église.
Actuellement, dans notre société, on parle de crise de vocation religieuse ; alors que Dieu continue à appeler des hommes et des femmes à sa suite. Y a-t-il vraiment une crise de vocation ? Si oui, quelles en sont les causes ? Ce sont des questions auxquelles nous devons réfléchir, sans culpabiliser personne. En tout cas, Dieu est toujours à l’œuvre dans son Église ; soyons confiants, car il nous enverra de bons pasteurs selon son cœur. Dans ce passage de l’Évangile, Jésus se révèle comme « Le Bon Pasteur, Le Vrai Berger » ; il révèle aussi son intimité avec le Père : « Comme le Père me connaît et je connais le père ». Jésus, c’est vraiment le Bon Pasteur, c’est quelqu’un en qui nous pouvons mettre entièrement notre confiance. Un berger qui prend soin même des plus faibles, toujours à l’écoute de ses brebis. En effet, le mystère de Pâques que nous continuons à célébrer, nous témoigne à juste titre la profondeur, la largeur, la longueur et la splendeur de l’amour de Dieu pour nous les Hommes.
Frères et Sœurs dans le Christ, je résume les quatre textes d’aujourd’hui en un seul mot : « l’Amour » ; c’est l’unique mot qui me parle après un long temps de méditation. Car à Pâques, nous célébrons Jésus « Le ressuscité des morts », et par sa mort et sa résurrection, il nous a réhabilités à la dignité de Fils adoptifs de son Père et de notre Père. « En donnant pour nous sa propre vie, il a révélé qu’il n’est pas un mercenaire qui ne se soucie pas de ses brebis, mais un bon pasteur qui est prêt à tout faire pour protéger ses brebis, pour les rassembler dans l’unique Amour de la Trinité.
Frères et sœurs, Pâques, c’est un mystère d’amour, un amour sans équivoque, un amour qui dépasse toute science et toute connaissance. Avez-vous l’habitude de vous poser cette question : « Pourquoi Dieu m’aime ? » ? Hein, est-ce que vous vous posez cette question ? Je pense que c’est une question fondamentale dans notre cheminement de Foi. A chaque fois que je me suis posé cette question, je me mets à nu devant Dieu, en me disant : « Enfant terrible que je suis, pourquoi Dieu m’aime ? » Après avoir médité longuement sur cette question, j’arrive à comprendre que Dieu m’aime non seulement parce qu’il est Dieu, mais « il est aussi miséricordieux et bienveillant, lent à la Colère, plein d’Amour, de Fidélité et de Loyauté » (Ex.34, 6b) ; donc, il fait miséricorde à qui il veut. C’est ce qui fait de lui « Le bon pasteur ».
Le Bon Pasteur est celui qui se fait proche des gens, qui part à la rencontre des pauvres de Foi et d’Espérance, les oubliés, les catalogués, les rejetés, les plus vulnérables en vue de les remettre en chemin et de donner du sens à leur vie. Notre Dieu reste fidèle à son alliance, il nous écoute toujours avec amour et bienveillance.
En effet, si l’Évangile du jour nous parle de « Bon Pasteur, de Vrai Berger », frères et sœurs, ne vous faites pas d’illusion : il y a aussi de mauvais pasteurs, de faux bergers. Quoi qu’il en soit, nous sommes des instruments entre les mains de Dieu, donc « Le Bon Pasteur » se sert de nous pour réaliser son œuvre de Salut. Ainsi, les Prêtres sont de bons Pasteurs à la suite du Christ, dans la mesure où ils imitent le Christ en ce qui a trait à l’Amour, la miséricorde, la présence, l’écoute… Et chacun de vous pourrait être aussi un bon Pasteur selon la manière dont vous exercez votre responsabilité, le type de relations que vous avez développées avec ceux et celles qui sont d’une certaine manière sous votre dépendance. A partir de cela, nous pouvons nous interroger au plus profond de nous-mêmes : est-ce que je suis un bon Pasteur pour les autres ?
Frères et Sœurs, demandons au Seigneur de nous donner un cœur de bon Pasteur, afin que nous puissions être vraiment des signes visibles de son Royaume.
Amen.


4e dimanche de Pâques

Première lecture

Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 2, 14a.36-41)

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et fit cette déclaration : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. » Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.

Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Par bien d’autres paroles encore, Pierre les adjurait et les exhortait en disant : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés. »

Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux.

– Parole du Seigneur.

Psaume (Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

Deuxième lecture

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1 P 2, 20b-25)

Bien-aimés, si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes.

– Parole du Seigneur.

Acclamation de l’Évangile

Resucito (ter) Aleluya ! Aleluya (ter) Resucito !

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Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Resucito (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 1-10)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie du Père Chedly (en cliquant sur le lien)

Prière universelle

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Chercher avec toi Marie


Homélie du 3° dimanche de Pâques Le chemin d’Emmaüs

Frères et sœurs, quinze jours après la solennité de la résurrection du Christ, la liturgie de ce dimanche offre à notre méditation cette page d’évangile communément appelée « les disciples d’Emmaüs », où Jésus ressuscité est apparu aux deux disciples d’Emmaüs. Une apparition parmi tant d’autres, pour rassurer les incrédules ; car il fallait à Jésus de manifester sa gloire de ressuscité, pour compléter ce que le tombeau vide n’a pas dit.

Frères et sœurs,
Par cette page d’évangile, nous sommes invités à prendre conscience de ces deux dimensions de la vie humaine : la déception et la réussite. Combien de fois dans notre vie, avons-nous été déçus ? Déception du résultat d’un examen médical ; déception de ne pas avoir été reconnu pour les efforts consentis dans une activité, pour une mission reçue ; déception dans le boulot, devant une promotion qui n’est pas venue ! Déception de sa situation financière ! Déception d’un enfant qui ne répond pas à nos attentes ! Déception de ce que vous attendez d’un prêtre ! Déception dans une relation amoureuse ! Déception au niveau politique ! Vous auriez dû voir les visages et entendu certains candidats malheureux et certains de leurs supporteurs à la suite du premier tour des élections municipales ! Aujourd’hui, la grande déception du monde entier, c’est le Covid-19 qui a bouleversé nos vies, qui a mis à genoux notre monde, le monde entier. Tout cela, c’est juste pour vous dire, quoi qu’il en soit, que les déceptions aux multiples visages font partie de notre vie. Tandis que, si cela était en notre pouvoir, nous construirions un monde où les déceptions n’existeraient plus.
Alors pourquoi Dieu a-t-il créé un monde où la déception fait partie de notre quotidien ? Moi, je n’ai pas la réponse à cette question ; mais je suis convaincu que c’est dans ce contexte qu’il faut écouter le récit des disciples d’Emmaüs, présenté dans la liturgie d’aujourd’hui. Car ces deux hommes, que nous présente Luc, sont des gens déçus. Déçus de la vie, déçus de tout. Alors qu’ils croyaient en Jésus, le Roi Messie, celui qui va libérer Israël ; en quelques heures seulement, tout a sombré, il n’y a plus d’espoir, parce que disaient-ils, trois jours déjà depuis que les sacrificateurs, nos chefs, l’ont livré pour être crucifié. Les deux disciples d’Emmaüs ne cachaient pas leur déception, ils ont fui la ville de Jérusalem et discutaient en cours de route de leur déception. Soudain leur apparaît un homme, comme tout homme ; il leur demande « de quoi discutiez-vous en marchant ? » Avec un air triste, l’un d’eux, dont le nom était Cléophas, lui répondit : Ne fais-tu que séjourner à Jérusalem, que tu ne saches pas les choses qui y sont arrivées ces jours-ci ? Et il leur dit : lesquelles ? Celles concernant Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple. Et là ils ont exprimé toute leur déception. Mais le mystérieux étranger qui se joint à eux va complètement changer le cours de leurs pensées. Il commence par s’étonner de leur manque d’intelligence et de leur incrédulité. Puis il ouvre les écritures à ces deux compagnons de route et leur fait découvrir les choses qui le regardent, en faisant une récapitulation de tout ce qui est dit de Jésus dans l’Ancien testament. En l’écoutant, les deux disciples ne voulaient pas se séparer de lui, aussi disaient-ils : « Reste avec nous, déjà le soir tombe, viens t’asseoir à notre table ! » La reconnaissance de Dieu est progressive ; il fallait attendre jusqu’à la fraction du pain pour que les disciples d’Emmaüs puissent reconnaître en ce mystérieux étranger, Jésus le ressuscité en personne.
Frères et sœurs, regardez comment le Seigneur se laisse retenir par ceux qui ont besoin de lui ! Il entre pour rester avec ces deux disciples. Frères et sœurs, nous pouvons nous identifier à divers titres à ces deux disciples d’Emmaüs. Vous vivez une grande déception ! Ne fuyez pas. Ne cherchez pas des solutions toutes faites, n’enterrez pas cela dans l’alcool ou la drogue, des films indécents. Ne niez pas votre déception ! Pleurez, criez et interrogez-vous ! N’hésitez pas à partager votre déception, vos incompréhensions avec d’autres et continuez à chercher la Lumière. Car c’est en partageant notre déception, nos incompréhensions avec d’autres, que nous parviendrons à obtenir la première consolation ; tout en sachant que la vraie consolation est en Dieu seul. N’oubliez pas, frères et sœurs, que Dieu est avec nous, mêmes dans les pires déceptions de notre vie.
Frères et sœurs, puissions-nous faire aussi cette expérience : lorsque nous sommes découragés, déçus, déboussolés et que nos circonstances ont tourné autrement que ce que nous espérions.
L’Évangile de ce dimanche nous rappelle que les disciples d’Emmaüs ont vécu deux moments importants : l’accueil de la Parole (Moïse et les prophètes), puis la Fraction du Pain (c’est le nom qui était donné à l’Eucharistie). C’est là que nous sommes tous invités à puiser de l’énergie en vue de la mission que le Seigneur nous confie.
Demandons à Dieu d’ouvrir notre Cœur à cette joie que le Christ nous a apportée, la joie pascale. Et d’ouvrir notre Esprit à l’intelligence de sa parole.
Amen.

- Méditation 1 : « Les disciples d’Emmaüs »
- Méditation 2 : « Reste avec nous Seigneur Jésus »


Homélie du deuxième dimanche de Pâques

En ce deuxième dimanche de Pâques, l’Église nous invite à focaliser notre regard vers le mystère de la Divine Miséricorde. Cette fête a été instituée par Jean-Paul II le 30 Avril de l’an 2000, à l’occasion de la canonisation de Sœur Faustine. La liturgie de ce dimanche nous invite à partager la joie de la rencontre, la joie de la miséricorde de Dieu.

Frères et Sœurs, nous ne pouvons pas séparer l’amour de Dieu de sa miséricorde. C’est parce que Dieu nous aime d’un amour inestimable, qu’il nous a fait miséricorde. L’acte miséricordieux de Dieu s’étend de l’incarnation de son Fils jusqu’à sa passion et sa résurrection. Le Pape Célestin II disait : le Père, en nous donnant son Fils unique, nous a tout donné. Heureusement pour nous, notre Dieu est miséricordieux ; sinon qui résistera à sa colère ? La miséricorde de Dieu est infinie, et elle s’offre à tous. Mais souvent, nous doutons de sa Divine miséricorde.
La première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres, nous montre que des communautés chrétiennes ont accueilli cette miséricorde du Seigneur. Leur rencontre avec Lui a totalement changé leur vie, leur façon de faire, leur façon de penser. Et nous, en ce dimanche de la miséricorde, que sommes-nous prêts à changer en nous, quel comportement sommes-nous prêts à adopter ? Combien de fois avons-nous reçu la miséricorde de Dieu ? Et nous, nous offrons à nos prochains que de la misère !
Frères et sœurs, la miséricorde ne consiste pas à discourir, mais à poser des actions concrètes et en vérité. Car nous avons une âme à sauver, une Église, une communauté à construire ; et tout cela ne peut se faire que dans l’unité, dans l’accueil de nos différences.
Avec l’Évangile, nous sommes plus que jamais dans la miséricorde de Jésus. En ce premier jour de la semaine, il rejoint ses disciples. Il les trouve enfermés, verrouillés à double tour, ils se font prisonniers d’eux-mêmes. Car ils étaient convaincus que, si Jésus n’a pas pu se défendre, ils ne peuvent donc plus compter sur lui. Ils s’attendent eux aussi à subir le même sort que leur Maître. Ils cherchent donc à se faire oublier. Quel revers !
Frères et sœurs, la Pâque étant un passage, ces lectures nous suggèrent d’effectuer le passage de l’enfermement sur soi à l’ouverture aux autres, de la solitude à la communauté et de l’indifférence à la solidarité ; pour témoigner de notre foi en Jésus ressuscité. Nous verrouillons les portes de nos cœurs en nous enfermant sur nos peurs et nos angoisses ; devenant ainsi incapables de témoigner de notre foi. En soufflant sur ses apôtres pour leur donner de l’esprit-saint, Jésus les a aidés à déverrouiller leur cœur et à quitter leur peur pour témoigner de leur foi.
Ce danger est toujours actuel. Dans notre vie quotidienne, nous aussi avons le comportement des disciples de Jésus. Nous nous enfermons sur nous-mêmes, nous sommes repliés dans de petits cercles, à cause de la peur des moqueries d’un monde qui se croit intelligent, d’un monde qui attaque l’Église du Christ, qui persécute les chrétiens.
Frères et sœurs, nous venons de célébrer la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ en mode confiné. Oui, nous sommes Confinés, enfermés ; non par peur de la persécution à l’instar des disciples de Jésus, mais pour nous protéger, pour empêcher la propagation d’un ennemi invisible : le Covid-19. Quelle douleur pour nous, peuple de Dieu, de se voir privés de l’Eucharistie ; de ne pas pouvoir rencontrer les amis, les familiers depuis plus d’un mois ! En ce moment difficile, regardons la vie avec optimisme, car le Christ a vaincu la mort ! Faisons de ce long temps de confinement une occasion de renouvellement de notre relation, de notre proximité avec Dieu, dans la méditation de sa Parole, dans l’adoration et dans l’action de grâce.
Frères et Sœurs, soyez confiants en la miséricorde de Dieu, qui nous redit ce matin : « La paix soit avec vous ! » Cette miséricorde de Dieu qui nous envoie en mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » ! Cette miséricorde de Dieu qui nous invite à être des témoins de son amour et de sa miséricorde auprès de ceux et celles qui sont étrangers à la Foi Chrétienne, mais aussi aux débutants et aux recommençants. Cette miséricorde de Dieu qui a donné aux Saints apôtres l’Esprit-saint et qui a institué le Sacrement de la réconciliation pour le pardon de nos péchés, de nos nombreux péchés. La miséricorde de Dieu qui a suscité à Thomas à sortir de son incrédulité, et à faire sa profession de Foi remarquable : « Mon Seigneur et mon Dieu » !
Frères et sœurs, Thomas voulait impérativement des preuves tangibles, pour acquiescer à la résurrection du Christ. Jésus va bien lui donner une « preuve » tangible de sa résurrection, en invitant l’apôtre à avancer la main et à la mettre dans son côté. Mais en même temps, il l’invite à cesser d’être incrédule et à devenir croyant.
Frères et sœurs, combien y a-t-il de Thomas parmi nous, dans notre communauté ? Nous aussi, comme Thomas, nous aimerions avoir des preuves. Mais le Seigneur ne cesse de nous rappeler ces paroles : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Tout au long de cette eucharistie, rendons grâce à Dieu pour l’immensité de sa miséricorde. Amen !
Et nous pouvons chanter : Oh Jésus Miséricordieux, je t’adore, j’ai confiance en toi (bis)


Message de Pâques

Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Chers paroissiens, Chers frères et sœurs,
Comment allez-vous ? J’espère que vous allez bien. Je sais que nous partageons le même sentiment de confinement, mais il est plus qu’important d’appliquer les règles de ce confinement dans l’espoir qu’il se terminera bientôt, si Dieu le veut bien. Restons plus que jamais unis dans la prière, en donnant à ce temps de confinement un aspect positif de « ressourcement spirituel ».

Ce dimanche 19 avril 2020, c’est la Pâque chez nos frères orthodoxes. En Russie et partout dans le monde, nos frères orthodoxes vont célébrer ce week-end dans leurs églises la Résurrection du Christ.
Ils vont offrir au prêtre leurs œufs peints, avant de les déposer, si possible, sur les tombes de leurs proches, signe du triomphe de la Vie !
Puis en famille, ils vont partager la traditionnelle paskha, ce gâteau au fromage blanc si délicieux !

Je vous invite donc ce dimanche, qui est pour nous le dimanche de la Miséricorde, à prier aussi pour eux et à redire avec eux : « Kristos Voskresie » (Christ est ressuscité).

Joyeuse Pâque !
Fraternellement et en union de prière avec vous,
P. Chedly


Jeudi Saint

Première lecture

Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.

Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

– Parole du Seigneur.

Deuxième lecture

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur »

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 11, 23-26)

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »

Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

– Parole du Seigneur.

Évangile

« Il les aima jusqu’au bout »

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Jésus serviteur Jésus sauveur

La nuit qu’il fut livrer


Homélie du 5e dimanche de Carême A

Frères et Sœurs, nous sommes pratiquement à la dernière ligne droite vers le dimanche des « Rameaux », où Jésus va faire son entrée triomphale à Jérusalem, par des acclamations et des chants. Cette entrée de Jésus à Jérusalem n’a pas laissé indifférentes les autorités religieuses de son époque. Ils étaient angoissés, inquiets devant la popularité grandissante du Rabbi de Nazareth : « Jésus, notre Sauveur ».
Jésus a eu un succès pastoral sans précédent, en attirant vers lui toutes les couches de la société de son époque. Il fait bon accueil aux pécheurs, même les pécheurs catalogués, aux prostituées, aux pauvres de son temps. Il guérit les malades, expulse les esprits mauvais. Souvenons-nous que Jésus a dit vertement : « Je ne suis pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades ». Frères et sœurs, se reconnaître pauvre, malade, c’est déjà une porte ouverte pour accueillir l’inestimable miséricorde de Dieu. Car l’orgueil ne peut et ne pourra nous amener nulle part, sinon que dans l’abîme. La liturgie d’aujourd’hui offre à notre méditation la résurrection de Lazare. Une résurrection qui préfigure la passion et la résurrection du Christ, mais aussi notre propre résurrection. Qui est Lazare ? D’ailleurs, le nom de Lazare, dans le langage hébraïque signifie : « Dieu secoue ». Lazare est un homme comme tout homme, le frère de Marthe et de Marie. Un homme de foi et d’espérance qui croit en Jésus, le messie de Dieu. Tous les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous ouvrent vers l’espérance. Car Dieu vient ouvrir nos tombeaux pour nous arracher du néant de la mort. L’apôtre Paul nous rappelle que le Chrétien ne vit pas sous l’emprise de la chair, mais sous l’emprise de l’Esprit-saint. Nous avons la chance d’avoir l’Esprit-saint habitant en nous et qui donnera la vie à nos corps mortels.
Frères et sœurs, la liturgie de ce jour trouve son actualisation dans le contexte que le monde vit aujourd’hui. Avec l’ampleur des pertes en vies humaines un peu partout dans le monde ; moi particulièrement je me suis dis que le monde, notre monde, est en train de faire sa descente aux tombeaux. C’est en réactualisant ces passages bibliques dans notre vie que nous sommes réconfortés en ce Dieu de compassion et de miséricorde qui vient ouvrir nos tombeaux, nous guérir de toutes maladies et nous appeler à la vie moyennant que nous placions notre confiance en lui.
Tandis que Jésus était de l’autre côté du Jourdain avec ses disciples, annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu, on vient lui annoncer la maladie, puis la mort de son ami Lazare, frère de Marthe et de Marie. Très touché par cette mauvaise nouvelle, il ne se laisse pas emporter par la tristesse et manifeste une profonde espérance : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ».
En cours de route, Marthe vient à sa rencontre et lui dit : « Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Toujours pleine d’espérance et de confiance en Jésus, Marthe prononce sa profession de foi : « Maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». Jésus répond : « Ton frère ressuscitera. Moi, je suis la résurrection et la vie. Crois-tu cela ? » Sans hésitation, elle professe : « Oui Seigneur, je crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu ».
Puis Jésus demande où est-ce que le corps de Lazare est déposé ; Marthe lui répond : « Viens et vois ». Ce disant, elle invite Jésus à faire l’expérience déconcertante de la mort de son frère, et Jésus a versé des larmes d’homme. Frères et sœurs, par ce passage de l’évangile, nous sommes introduits dans le mystère de l’humanité et de la divinité de Jésus. Jésus éprouve de la tristesse et pleure devant le tombeau de Lazare, mais il dit également à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie ». Jésus est à la fois homme et Dieu. Étant homme, il est vulnérable ; étant Dieu, il est tout-puissant. Et ce sont ces deux dimensions que Jésus a mis en œuvre dans la résurrection de Lazare.
Alors que Lazare était enseveli depuis quatre jours, au sens de Marthe, il est déjà entré en putréfaction ; mais Jésus a demandé d’enlever la pierre. Après avoir prié le Père ; il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ». Et le mort sortit…
Dans ce passage de l’Évangile, je suis particulièrement attiré par le témoignage de foi de Marthe et de Marie, et la puissance de la Parole de Jésus. « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » disaient-elles à Jésus. Ainsi, elles confessent que la présence de Jésus fait échec à la mort. La puissance de la Parole de Jésus qui guérit, qui ressuscite, qui relève, qui donne la vie. « Lazare, viens dehors ! » Et Lazare est sorti du tombeau, il est ressuscité par la puissance de la Parole de Jésus.
Frères et sœurs, croire en Jésus, Messie et Fils de Dieu, c’est déjà un début de résurrection. C’est avoir en soi la vie éternelle, que la mort physique elle-même ne peut anéantir. La résurrection de Lazare préfigure non seulement la résurrection de Jésus, mais aussi la résurrection de tous ceux et celles qui professent que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père.
A l’heure de cette pandémie cruelle « Covid-19 », ce passage de l’Évangile nous invite aussi à fortifier notre espérance et notre confiance en Dieu. Il nous invite également à nous situer par rapport à Jésus ; et l’attitude de Foi et de Confiance de Marthe peut nous inspirer. Oui, nous pouvons nous questionner : « Qu’est-ce qui est mort en moi et que Jésus peut ressusciter ? »

Que le Seigneur vienne raviver ce qui s’éteint en nous, dans notre vie. Amen


5e dimanche de Carême A

Lectures de la messe

Première lecture

« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37, 12-14)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.

– Parole du Seigneur.

Psaume 129

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(Ps 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)

R/ Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat. (Ps 129, 7bc)

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ; je l’espère, et j’attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ; près de lui, abonde le rachat. C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Deuxième lecture

« L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous » (Rm 8, 8-11)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

– Parole du Seigneur.

Évangile

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45) Résurrection de Lazare

Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur. Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. (cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie du Père Chedly Zetrenne :

Prière universelle :

En ce temps de confinement dans nos maisons, prions pour les personnes qui ont besoin d’aide et qui sont rejointes par un voisin, un soignant, une oreille attentive, un message d’espoir,

Seigneur nous te prions

En ce temps où tout semble s’arrêter, prions pour les personnes qui ont le devoir d’aller travailler pour prendre soin des personnes âgées, dépendantes ou malades,

Seigneur, nous te prions

En ce temps où nous sommes privés de liberté, prions pour les personnes qui font face à cette crise avec bravoure et dans l’espérance : soignants, journalistes, responsables politiques. Mets la joie, l’amour, la paix dans leur cœur,

Seigneur, nous te prions

En ce temps où nous prenons conscience des déséquilibres causés par notre mode de vie. Prions pour une vie plus humble face à la nature qui est si belle en ces jours printaniers où les fleurs nous émerveillent et les arbres sortent de leur sommeil hivernal pour renaître en prenant une multitude de teintes vert tendre,

Seigneur, nous te prions

Bouton d'or

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CHAPELET DE LA MISÉRICORDE DIVINE

« Les âmes qui réciteront ce chapelet seront enveloppées par ma miséricorde pendant leur vie et surtout à l’heure de la mort. » (Petit Journal 754).
Le chapelet de la miséricorde est une prière donnée par Jésus à Sœur Faustine, promettant de nombreuses grâce à celui qui implore sa Miséricorde par ce moyen.
Le chapelet de la miséricorde se dit de préférence à 15h, heure de la mort de notre sauveur Jésus-Christ, ainsi les Missionnaires de la miséricorde le récitent particulièrement le vendredi à l’Heure de la Miséricorde.
« À cette heure-là, tu peux tout obtenir pour toi et pour les autres. A cette heure-là, la grâce a été donnée au monde entier, la Miséricorde l’a emporté sur la Justice. » (Petit Journal, 1572)
Il se récite avec un chapelet ordinaire.

  • Un Notre Père
  • Un Je vous salue Marie
  • Un Je crois en Dieu
    Sur les gros grains :
    « Père Éternel, je vous offre le corps et le sang, l’âme et la divinité de votre Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de tous nos péchés et de ceux du monde entier. »
    Sur les petits grains :
    « Par sa douloureuse Passion, soyez miséricordieux pour nous et pour le monde entier. »
    A la fin du chapelet :
    « Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel, prenez pitié de nous et du monde entier. » (× 3)
    Invocations possibles :
    - Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous.
    - Cœur Immaculé de Marie, j’ai confiance en vous.
    - Sainte Faustine, priez pour nous.

Homélie du 4e dimanche de carême A (dimanche de la Joie)

Alors que, depuis plus d’une semaine, nous sommes en mode confiné, la liturgie d’aujourd’hui nous invite à exulter de Joie. Chaque 4e dimanche de carême, dénommé « dimanche laetare », c’est-à-dire “dimanche de la joie", l’Église nous invite à anticiper déjà la Joie pascale. Parce que la parole de Dieu, la solidarité ne peuvent pas être confinées. L’évangile d’aujourd’hui nous propose l’épisode de l’homme aveugle de naissance et l’action bienfaisante de Dieu.

Frères et sœurs, l’Évangile est toujours message de joie. Jésus enseigne l’Évangile de la joie, non en proposant un discours mais en attirant l’attention sur le fait qu’avec Lui « les aveugles retrouvent la vue » selon la prophétie d’Isaïe. C’est merveilleux pour nous, là où nous sommes confinés, de réactualiser cette Parole de Dieu dans notre vie, qui nous invite à la confiance, à l’espérance.

Jésus, en revenant de la fête des tentes, a rencontré sur son chemin un homme qui était aveugle de naissance. Le premier réflexe des disciples de Jésus, c’est de lui demander la cause de sa maladie : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? Parce qu’à cette époque, on associait le mal, la maladie aux conséquences du péché. La réponse de Jésus : ni lui, ni ses parents. Mais justement pour que l’action de Dieu puisse se manifester en lui ».

Frères et sœurs, dans ce passage de l’Évangile, l’aveugle n’a pas de nom, il reste un inconnu de l’Évangile, ou bien il porte le nom de son handicap. L’aveugle en question, c’est l’humanité toute entière ; car nous sommes nés aveugles à la véritable lumière, qu’est Jésus en personne. « Je suis la Lumière du monde », disait-il. C’est pourquoi Dieu, par son fils Jésus, a instauré le sacrement du baptême, en vue de nous permettre de passer des ténèbres à son admirable Lumière.

Dans cet épisode (de l’aveugle de naissance), ce n’est pas l’aveugle qui a sollicité de la part de Jésus sa guérison ; d’ailleurs, il ne connaissait même pas Jésus. C’est pourquoi, après sa guérison, il a dit qu’un homme a mis de la boue sur ses yeux. C’est Jésus qui a pris l’initiative de le guérir. Parce que Jésus ne peut pas rester indifférent devant le malheur, la souffrance de l’Homme. Ce qui m’a beaucoup impressionné dans le processus de la guérison, c’est que Jésus reprend le même geste de la création d’Adam (en Gn. 2, 7). Ici, la boue est faite de salive et de terre. Ce faisant, il n’est pas question d’une simple guérison de cécité, mais il s’agit du tout de l’homme, l’homme total qui est remodelé par Jésus.

Dans ce texte, je mets l’accent sur deux approches : la première, c’est l’approche baptismale ; la seconde, c’est le lien avec le péché.

1) Approche baptismale : Jésus, après avoir appliqué de la boue faite de la terre et de sa salive, disait à l’aveugle : « Va te laver à la piscine de Siloé ». Se laver à la piscine, c’est se plonger dans les eaux du baptême. Le signe du baptême, le premier sacrement de l’initiation Chrétienne, qui vient nous arracher de l’aveuglement du péché pour nous conduire vers la Lumière du Christ. Les eaux du baptême qui purifient, le baptême qui donne une nouvelle naissance.

2) Lien avec le Péché L’aveugle, aussitôt après sa guérison, a été l’objet d’agitation, de division. Dans un premier temps, c’est le voisinage de l’aveugle qui se questionne : est-ce bien lui qui a été guéri ? Par qui l’a-t-il été ? La réponse de l’aveugle : c’est bien moi !
Du coup, l’ancien aveugle a été ramené chez les pharisiens. Ces derniers interpellent l’aveugle à plusieurs reprises : Comment tes yeux sont-ils ouverts ? « L’homme qu’on appelle Jésus m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois » répondait l’aveugle guéri. Après de vives discussions entre pharisiens, à l’égard de l’identité et de l’autorité de Jésus, ils demandent à l’aveugle guéri :
Et toi, que dis-tu de lui puisqu’il t’a ouvert les yeux ? C’est un prophète, répond-il. Et c’est de là que les pharisiens ont fait le lien entre sa cécité et le péché : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Au sens des pharisiens, si l’homme était aveugle, c’est à cause du péché. Jésus en a profité pour faire le point. Se reconnaissant humblement aveugle, on s’ouvre à sa lumière ; au contraire, en prétendant orgueilleusement voir clair, on s’aveugle totalement. Tandis que les pharisiens prenaient l’aveugle-né pour pécheur puni de cécité. Mais en fait, ce sont eux les vrais aveugles, parce qu’ils sont incapables d’entrer dans le mystère de Dieu, ils sont incapables de voir en Jésus le Messie attendu.

Frères et sœurs, parfois, il faut du temps pour reconnaître les œuvres de Dieu. Moi, personnellement, je suis émerveillé devant la progression de la foi de l’aveugle guéri dans le mystère de Dieu ; dans un premier temps : celui qu’on appelle Jésus (9,11), puis il découvre en Jésus un Prophète (9,17) ; ensuite, un homme de Dieu (9,33) ; et enfin de compte, à la lumière de la parole, il professe que Jésus est le Fils de l’Homme (9,35-38).

Frères et sœurs, cette joie du Christ a traversé profondément l’aveugle guéri, au point de devenir sa propre joie. La Joie de retrouver la vue, la joie de sa rencontre avec le Christ. _Aveugles de naissance que nous sommes, demandons au Seigneur d’ouvrir nos yeux aux merveilles de son amour, afin que nous soyons des témoins de sa joie les uns pour les autres. Amen


 
Archives 2018 -
Archives 2007 - 2009Les articles de la période où le Père Pascal-Grégoire DELAGE était curé de notre paroisse
Le conseil de paroisseAvec son vicaire, le père Chedly ZETRENNE, un diacre, François BOUCHET, une Équipe Pastorale et une animatrice pastorale, Valérie DELCROIX, le Conseil de notre paroisse veille à ce que toute la communauté chrétienne demeure fidèle à sa vocation de « sel de la terre » et de « lumière du monde ».
Le Conseil de paroisse est le lieu où la communauté chrétienne relit, à la lumière de l’Évangile, tout ce qu’elle vit. Ce conseil joue le rôle de veilleur, attentif à tout ce que la communauté réalise, fidèlement à sa mission de « levain » et de « lumière ». Il est aussi appelé à jouer un rôle d’éveilleur, en suscitant des initiatives pour répondre à des besoins insuffisamment pris en compte. Il peut proposer des orientations utiles à la vie du secteur et contribuer à leur mise en place.

- Étudier tout ce qui peut servir à la mission de l’Église localement.
- Faire des propositions concrètes et réalistes.
- S’assurer de moyens pratiques pour mener à bien des projets.
- Évaluer ce qui a été entrepris et relancer de nouvelles propositions.
Lorsque des actions doivent être entreprises dans un cadre plus large, cela peut être discuté au niveau du doyenné, comme par exemple pour la grande fête de rentrée.
Le conseil de paroisse est composé d’une quinzaine de membres - représentant les communes, les âges et les groupes de la paroisse - et se retrouve régulièrement pour une rencontre de deux heures.
Entre ces réunions, certains membres de ce conseil de paroisse se retrouvent en commission pour réfléchir et intervenir au plus près des attentes et des besoins locaux.
La présidence du conseil de paroisse revient de droit au curé de la paroisse. La fonction d’animateur peut être tournante ou échoir, de façon stable, à une personne reconnue pour sa compétence dans ce domaine.
Le Conseil de paroisse est épaulé dans sa mission par un Conseil Économique, des Référents et Chrétiens-relais, une Communauté de religieuses ainsi qu’un prêtre à la retraite : Jacques GENET.